Blockchain : alternative ou complément d’une base de données ?

Souvent perçue comme une technologie complexe, beaucoup de décideurs en entreprise pensent que la blockchain est réservée aux cryptomonnaies. Brisons ce mythe aujourd’hui car cette évolution majeure du web décentralisé pourrait révolutionner vos applications métiers. Cet article propose d’éclaircir les différences fondamentales entre une base de données traditionnelle et une blockchain. Faut-il y voir une alternative crédible ou plutôt un complément ? Comment fonctionne une blockchain et comment s’intègre-t-elle dans une architecture applicative moderne, notamment via JavaScript ? Répondons à ces questions pour vous aider à choisir la bonne plateforme. Étant donné qu’il existe plusieurs types de blockchain (publiques, privées, hybrides), notez que vous pouvez choisir parmi plusieurs langages (Solidity ou Vyper pour Ethereum, Rust et C pour Solana, Kotlin pour Corda, Go et Java pour Hyperledger Fabric, etc).  Base de données classique et blockchain : à quoi servent-elles vraiment ? Vous avez certainement déjà entendu parler de la blockchain d’une manière ou d’une autre, notamment à travers le bitcoin, mais de quoi s’agit-il réellement ? Revoyons ensemble les principes de fonctionnement de ces deux systèmes pour y voir plus clair. Fonctionnement d’une base de données Une base de données est un pilier des applications classiques (ERP, CMS, applications web, etc). En tant qu’outil indispensable aux entreprises, une BDD classique favorise la centralisation de données métier dans la mesure où elle permet un stockage rapide et efficace. Les données stockées sont interrogées via le langage SQL (requêtes SELECT, INSERT, UPDATE, DELETE). Grâce à une structure centralisée, la gestion de l’information est sécurisée et les demandes de lecture et écriture (CRUD) sont contrôlées par un groupe d’utilisateurs prédéfinis. Que les données soient stockées sur un serveur/cluster ou dans le cloud, la gestion via droits d’accès est très pratique pour plusieurs raisons :  une protection des informations sensibles,  une confidentialité selon les rôles,  un travail collaboratif optimisé. Fonctionnement d’une blockchain Contrairement à une BDD, la blockchain ne se réduit pas à du stockage d’information. En effet, la blockchain ou chaîne de blocs peut être comparée à un registre de blocs reliés les uns aux autres sur un réseau distribué. Une fois créé, le bloc ne peut plus être modifié. La blockchain se base sur la décentralisation. Ainsi, les données immuables ne sont pas stockées sur un serveur unique : elles sont partagées entre de nombreux ordinateurs (noeuds) indépendants, répartis dans le monde entier.  Grâce à une bonne traçabilité, une sécurité poussée et bien évidemment la suppression d’intermédiaires, il faut voir la blockchain comme une technologie de confiance numérique. Nous vous invitons à consulter notre article sur le fonctionnement de la blockchain pour mieux comprendre ses enjeux et ses cas d’usage dans différents secteurs. La blockchain peut-elle remplacer une base de données ? Malgré les similarités évidentes entre ces deux technologies, la blockchain ne peut pas remplacer une base de données dans la majorité des cas. Voici les points-clés à prendre en compte pour déterminer la meilleure option à envisager selon votre projet. Différence de logique : confiance vs contrôle Utiliser une base de données c’est avant tout accorder sa confiance à un administrateur ou une organisation tandis qu’une blockchain ne requiert pas autant de contrôle. Les chaînes de blocs sont gérées sur un réseau indépendant où les données immuables sont validées par consensus, instaurant ainsi une forme de confiance algorithmique. Privilégiez la blockchain si vous souhaitez un contrôle décentralisé et partagé et que plusieurs acteurs prévoient de partager des données sans tiers de confiance. La blockchain est donc préférable pour une question de transparence, de preuve et de traçabilité.  A l’inverse, nous vous conseillons de miser sur une BDD si vous prévoyez des mises à jour et corrections infinies. Une base de données sera votre allié pour stocker et exploiter efficacement des données internes ou privées.  Complémentarité plutôt qu’opposition En réalité, la blockchain n’est pas très efficace pour le stockage de données lourdes. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas se ruer dessus sous prétexte qu’il s’agisse d’un concept innovant. Vous n’avez pas besoin de choisir l’un au détriment de l’autre car finalement vous pouvez utiliser les deux ensemble pour une performance optimale :  Vous aurez toujours besoin d’une BDD pour bien faire fonctionner votre application : stockage de vos données (utilisateurs, contenus, historiques, etc)  La blockchain quant à elle, servira à enregistrer des preuves et des transactions à travers les smart contracts : conservation des données immuables et horodatées Rappelez-vous donc qu’une blockchain complète une base de données mais ne la remplace pas pour des raisons structurelles et fonctionnelles. Quel rôle joue Javascript dans les applications blockchain ? Maintenant que vous savez que les applications reposent sur des architectures hybrides, terminons cet article par le rôle de Javascript en tant que langage de liaison entre l’application, l’utilisateur et la blockchain. JavaScript comme interface avec la blockchain Revenons rapidement en arrière pour que vous compreniez bien le rôle de JavaScript dans le déploiement d’une application blockchain. Depuis le Web 1.0, où il servait principalement à ajouter de l’interactivité aux pages statiques, JavaScript est devenu un pilier du développement web. Avec le Web 2.0, il s’est imposé côté client et serveur en permettant la création d’applications dynamiques. Aujourd’hui, dans le Web 3.0, JavaScript conserve toujours ce rôle central. Il faut savoir que la blockchain n’est pas directement exploitable par une interface utilisateur ou une application métier et c’est là qu’intervient JavaScript. En tant que langage dominant du développement web, côté navigateur, il permet aux applications de communiquer avec la blockchain en traduisant les actions utilisateur en interactions compréhensibles par le protocole. Librairies JavaScript et usages concrets JavaScript s’appuie sur des librairies spécialisées pour interagir avec la blockchain et il faut noter que celles-ci évoluent selon le protocole. Sélectionnez vos plateformes selon les cas d’usage escomptés. Voici les librairies associées aux exemples cités en introduction :   web3.js et ethers.js pour les protocoles EVM (Ethereum, Polygon, BNB Chain, …) SDK Solana/web3.js ou @solana/kit pour Solana fabric-sdk for node.js pour Hyperledger Fabric  Pour Corda : développement des contrats en Kotlin/Java et interaction possible

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